Freescale : la maison-mère américaine et l’Etat français liquident la
microélectronique toulousaine
Le Partit Occitan País Tolosan regrette le simple réajustement du Plan de Sauvegarde de l’Emploi de l’usine Freescale pour une clause jugée discriminatoire par le tribunal de grande instance de
Toulouse. Annoncée en avril 2009, la fermeture de l’atelier de production de composants électroniques est confirmée et devrait supprimer 821 emplois à l’horizon 2012. Après
l’externalisation de la téléphonie mobile (250 emplois), seules 500 personnes demeureront sur le site contre 1.600 au début 2009.
L’action intersyndicale et la mobilisation des salariés n’a pas été suffisante face à la volonté de la multinationale dont le siège social est à Austin (Etats-Unis). Le constat est sévère pour
les méthodes d’une industrie toujours florissante malgré la crise - Freescale-Toulouse a fait 40 millions de bénéfices en 2009 - qui programme unilatéralement la fin de
l’activité sur Toulouse. Dans les années 60, Motorola (*1) s’était installé à Toulouse, attirée par la main d’œuvre féminine bon marché et les généreuses subventions (près de 22% d’économies
réalisées sur l’investissement initial). Visiblement, Freescale ne tient plus compte aujourd'hui des aides publiques d'hier dans sa réorganisation industrielle.
Or le dilemme est bien qu’aujourd’hui, aussi bien pour les activités de R&D que de production, les coûts dans cette industrie ne sont pas plus élevés à Toulouse qu’en Asie,
l’essentiel étant liés aux matières premières et aux machines, qui sont homogènes sur un marché devenu global. La fermeture du site toulousain est donc un choix de l’entreprise dans une stratégie
globale et mondiale, où le seul profit guide la stratégie industrielle. Mais la multinationale Freescale, qui continue sa course aux subventions et aux bénéfices records, n’est peut-être pas
seule en cause dans les aventures occitanes de Freescale. Dans le même temps, l’Etat, emmuré dans sa logique d’hyperspécialisation industrielle des régions, préserve les intérêts du géant
franco-italien (ou suisse) STMicroélectronique en Rhônes-Alpes. Ce sont ainsi près de 300 millions d’Euros que l’Etat investit depuis 2009 dans le projet Nano 2012 (*2) , pour la
création de quelques 600 emplois supplémentaires, à rapprocher des 800 emplois supprimés à Toulouse.
Face à ce double abandon, à la fois de l’Etat et de la direction d’Austin, le Partit Occitan País Tolosan réaffirme en premier lieu sa solidarité avec l’ensemble des
salariés de Freescale. Il interpelle également les collectivités territoriales, et en premier lieu la région, en leur demandant de s’engager avec les entreprises pour créer les
conditions juridiques et décisionnelles de non-délocalisations des emplois subventionnés. Il est temps de donner un véritable pouvoir politique et économique à nos régions.
Burèu deu comitat Partit Occitan País Tolosan
*1. Motorola, ancien nom de Freescale Semiconductor
*2. Le projet Nano 2012, qui réunit 9 partenaires principaux, recevra 457 millions d’euros de financement public (2/3 Etat et 1/3 collectivités territoriales). Il fait suite au projet Crolles2,
qui réunissait STM, NXP, et Freescale…