Jeanne d'Arc ou la simplification de l’histoire
La politique et l’histoire ne font pas toujours bon ménage. La tentation de simplifier, d’utiliser, de manipuler est souvent trop grande. Nous en avons un exemple
de plus avec les célébrations de l’anniversaire (à la date incertaine) des 600 ans de la naissance de Jeanne d’Arc. Nous ne polémiquerons pas sur le personnage et sur la façon dont il a été
utilisé depuis plus de 150 ans.
Nicolas Sarkozy nous avait annoncé une sorte de musée de l’Histoire de France et par bonheur son projet a été remis en cause par des historiens soucieux de ne pas
faire dans la caricature. Avec Jeanne d’Arc le président de la République fait dans la simplification historique. Il a expliqué sans sourciller qu’il s’agit de la première représentation d’une «
résistance française ». C’est une caricature quand on sait la complexité de l’histoire. Que voulait dire la France à cette époque et peut-on franchement évoquer une « résistance » en ce cas là ?
La Résistance, avec un R majuscule a un sens aujourd’hui bien précis et, comme l’a dit Eva Joly, si l’on veut évoquer des résistantes il y en a eu, Lucie Aubrac, Berty Albrecht par exemple et
d’autres encore.
Concernant l’époque de Jeanne d’Arc quand on est ici en Occitanie, on sait que l’histoire était un peu plus compliquée que cela. Les fameux Anglais qu’il fallait
bouter hors de France n’étaient pas vu partout chez nous comme d’infréquentables occupants…
Quand le président de la république n’a plus grand chose à dire sur l’avenir, quand le présent lui échappe, il a la tentation d’utiliser l’histoire. Ce n’est jamais
un bon signe en démocratie. Il revendique tel ou tel personnage tentant ainsi de profiter d'une vision ultranationaliste de l’histoire de France que l’on nous a trop souvent enseigné et qui ne
correspond plus à la vision de l'Europe et du monde aujourd'hui.
A caricaturer le passé on risque de défigurer l’avenir.
Guilhem LATRUBESSE, Conseiller Régional Midi-Pyrénées, Partit Occitan