
Elections de l’Assemblée nationale :
un vernis démocratique pour une structure bipartite
Le second tour des législatives a donné la majorité absolue à l’UMP tandis que le PS a amélioré son score en remportant une cinquantaine de sièges supplémentaires. Partenaire politique des Verts, le Partit Occitan se réjouit de l’élection des 4 députés écologistes et salue la victoire du député indépendantiste martiniquais Alfred Marie-Jeanne.
Néanmoins, le Partit Occitan dénonce une nouvelle fois le caractère peu démocratique des élections législatives en France causé par le mode de scrutin et l’accès au financement public.

En France les députés sont élus au scrutin majoritaire à deux tours. A l’exception des législatives du 16 mars 1986, la France a toujours refusé d’appliquer l’élection à la représentation proportionnelle qui est pourtant plus juste car elle permet de représenter fidèlement les votes exprimés par les citoyens. La proportionnelle est d’ailleurs un mode de scrutin répandu en Europe : Belgique, Pays-Bas, Finlande, Espagne… Son application en France aurait permis aux Verts et aux Régionalistes d’obtenir plus de députés conformément aux choix des électeurs.
A cette injustice s’ajoute une réforme de l’accès au financement public qui pénalise directement les « petits » partis. Jusqu’en 2003, pour obtenir une aide financière publique, un parti politique devait présenter au moins cinquante candidats aux élections législatives. Depuis l’ordonnance du 8 décembre 2003, le parti n’a droit à cette aide que si il présente 50 candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés. De nombreux partis se retrouvent donc exclus des financements publics nécessaires à leur existence ou contraints de se fondre dans des organisations plus conséquentes.
A moyen terme, ce système aura donc pour conséquence la disparition des « petits » partis et l’instauration d’un bipartisme à l’américaine. Le Partit Occitan appelle donc les députés à agir en faveur de la proportionnelle aux élections législatives et à reconsidérer les conditions de financement des partis politiques. Le Partit Occitan rappelle au Président que pour être « irréprochable », la République se doit avant tout d’être réellement démocratique.