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Partit Occitan - Pais Tolosan - Actualitats - Blog - News

Actualitats dèu Partit Occitan dèu Pais Tolosa. Actualités du Partit Occitan du Pais Tolosan

Letra dubèrta als academicians

Publié le 18 Juin 2008 par Partit Occitan Pais Tolosan in Contributions - Divers

Lettre ouverte aux « Habits verts »… de gris ?


« J’ai été frappé de voir, au cours de mon voyage à travers les pays latins, que, en combinant le français et le languedocien et par une certaine habitude des analogies, je comprenais en très peu de jours le portugais et l’espagnol […]. »
Jean Jaurès - 15 octobre 1911 (Revue de l’Enseignement primaire)

« Le 22 mai dernier, les députés ont voté un texte (Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France) dont les conséquences portent atteinte à l’identité nationale.
[…] Un déni de la République […].
»
Déclaration de l’Académie française - 12 juin 2008


Vous voici donc de nouveau en croisade, l’épée en avant, contre les peuples de France… exactement 800 ans (1209-2009) après l’invasion française du Comté de Toulouse par les armées de Simon de Montfort, dont le premier acte « héroïque » fut le massacre de toute la population occitane de Béziers le 21 juillet 1209.
Ce qui fait dire à un historien français bien connu, membre de votre Académie, que, dans cette guerre de conquête, « les Français se sont conduits comme des occupants. Ils ont massacré, tué, violé… comme les SS. C’est très désagréable d’entendre cela mais c’est la vérité. » Et comme l’écrit Henri Gougaud : « Il fallut deux siècles pour que les Occitans deviennent Français et bons Catholiques. Deux siècles de gestapo ». En effet, les bûchers, les tortures, les massacres en tout genre, sans oublier l’horrible inquisition furent autant de moyens utilisés pour coloniser un pays… avant d’interdire à ses enfants plus tard, avec des méthodes plus insidieuses, de parler leur langue maternelle historique – et non pas régionale !

On aurait pu imaginer que ce « bon vieux temps » des colonisations était passé et qu’une vénérable institution comme l’A.F. (Académie Française… et non Algérie Française !) ferait preuve au XXIe siècle d’une ouverture d’esprit plus positive et d’une connaissance de l’Histoire des peuples de France plus tolérante. Mais non !
Il aura fallu quelques mots dans l’article 1 de la Constitution –le minima du minima- qui ne change rien par rapport au français, pour que vous outrepassiez le domaine de vos compétences en adoptant une position politique idéologique rétrograde. Et pourtant, je serais tenté de dire que l’enfermement des langues de France dans le musée du patrimoine et le maintien du seul français dans l’article 2 est une non-reconnaissance de nos langues, comme s’en vante d’ailleurs Madame Albanel, ministre de la culture, ce qui place notre pays au ban des démocraties européennes en la matière. Et pour vous, c’est encore trop ?

A vous entendre, le français serait menacé par le bilinguisme ? Mais dans quel univers vivez-vous ? Tous nos Etats voisins sont fédéraux politiquement et bi- ou multilingues culturellement : est-ce à dire qu’ils ne se comprennent pas ? Seule une certaine France nationaliste agite encore la crête de son coq gaulois pour écarter la diversité démocratique, fidèle qu’elle est aux mythes de son « Histoire de France » imaginée au XIXe siècle, pour servir l’idéologie des conquêtes coloniales ; une Histoire falsifiée qui ignore superbement ou dénigre systématiquement les hommes et les femmes des territoires conquis.

J’ai eu personnellement la chance de rencontrer comme élève des enseignants plus intelligents qui nous apprenaient le français à partir de l’occitan et qui considéraient, comme Jaurès, que « pour l’expansion économique comme pour l’agrandissement intellectuel de la France du Midi », le vrai bilinguisme est « un problème de la plus haute importance ». De même mes parents et mes grands-parents, militants républicains, parlaient deux langues –occitan et français-. Et ne vous en déplaise, la république ne s’est pas écroulée pour autant… du moins pas pour ces raisons-là.
Je suis fier de posséder cette double culture et je suis navré de voir qu’aujourd’hui, après un XXe siècle de nationalisme exacerbé aux conséquences criminelles, on puisse entendre encore, dans un cercle de personnes supposées respectables, des propos exaltant la supériorité universelle d’une langue d’Etat, à la manière de Jules Ferry qui lançait la France à l’assaut de l’Afrique et de l’Asie au nom de la « supériorité de la race blanche » pour répandre « les lumières du progrès et de la liberté contre l’ignorance et la barbarie ».
Par vos propos, vous humiliez les peuples de France et vous êtes en cela les dignes héritiers de Jules Michelet qui dénigrait les Occitans à propos de la guerre de conquête dite « des Albigeois » en ces termes :  « […] Les mangeurs d’ail, d’huile et de figues rappelaient aux croisés l’impureté du sang mauresque et juif…, et le Languedoc leur semblait une autre Judée »…

Voyez-vous, vos positions idéologiques et communautaristes de l’Ile de France (la « little France » comme l’appelaient les Anglais au XIe siècle), qui visent à interdire la diversité culturelle, va rapidement se retourner contre le français… au profit de l’anglais et je le déplore.
Alors il est encore temps d’ouvrir les yeux… avant de faire entrer Monsieur Mélenchon sous la coupole.

Georges LABOUYSSE
Instituteur à la retraite
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fabre 20/06/2008 21:49

Creguèri que la constitucion anava nos dubrir una pòrta quitia que foguès pichona. Mas non que me'n soi enganat de fons a cima.
Aquesta passa sem mals. Que s'agis d'una "òbra collectiva" de la part dels jacobins . E encara ame pas ausit lo Debre cap dels consèlh constitucional que donara l'avis final....An pas jamai agut dins l'idèa de nos donar que que sia.
Alara cal trobar un autre biais.... Non?